Fougères, 20 307 habitants à 45 km au nord-est de Rennes, se lit en deux niveaux : la ville haute autour de la place Aristide-Briand, et la ville basse du Marchix, serrée autour du château et de la vallée du Nançon. Ce cœur ancien est bâti en granit local, bien avant l'amiante. Ce qui pèse sur la commune, c'est son siècle industriel : Fougères a été la capitale française de la chaussure, avec plusieurs dizaines d'usines en activité dans la première moitié du XXe siècle et des milliers d'ouvriers.
Ces ateliers ont été agrandis, surélevés et recouverts entre 1950 et 1980, en pleine période de l'amiante-ciment : sheds vitrés à noues fibrociment, toitures ondulées sur les halls de montage, bardages amiante-ciment en pignon, calorifugeage des réseaux de vapeur. Une partie de ce patrimoine, du secteur de La Madeleine aux abords de la gare, a été reconvertie en logements ou en locaux d'activité, une autre attend encore. Dans les deux cas, un curage avec RAAD précède toute intervention de démolisseur, et l'évacuation des déchets amiantés se compte en dizaines de tonnes.
Le logement fougerais suit la même chronologie. Les immeubles et cités bâtis pour les ouvriers de la chaussure entre 1948 et 1975, à Bonabry comme à La Madeleine, ont leurs dalles vinyle-amiante, leurs conduits de chaudière et parfois leurs plaques de doublage. La couronne pavillonnaire de Rillé, du Gué Maheu et de Saint-Sulpice, développée jusqu'au milieu des années 1990, ajoute les garages et appentis en plaques ondulées. Enfin la campagne fougeraise, pays d'élevage, aligne les hangars et étables à découvrir. Notre entreprise de désamiantage à Rennes remonte à Fougères en quarante minutes, et couvre aussi l'est du département avec une page dédiée à Vitré.